Manifestations
Symposium Psychiatrie et droit
15 et 16 mars 2012
Hôpital Psychiatrique de Malévoz, Monthey
Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le programme en cliquant ici
Cerveau-Esprit
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XIIème rencontre du groupe
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Les Rythmes |
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22 mars 2012 |
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Clinique romande
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Hommage au Dr Jean Rey-Bellet
Directeur des Institutions psychiatriques de 1965 à 1990
Il s’agit bien sûr d’évoquer le médecin et le directeur qu’a été Jean Rey-Bellet qui, après une solide formation en neurologie et en psychiatrie, a assuré le développement de l’établissement cantonal de Malévoz qu’il dirigea de 1965 à 1990.
À la tête de Malévoz son souci fut, dès ses débuts, de permettre aux personnes souffrant de maladie psychique ou de handicap mental, non seulement d’être reconnues et soutenues par la collectivité valaisanne, mais également de bénéficier des soins et d’un encadrement qui leur soient adaptés, notamment :
- En assurant, dès 1968, la mise en œuvre de l’établissement de La Castalie spécialisé dans le soin et l’éducation des enfants handicapés.
- En permettant et soutenant l’autonomisation fonctionnelle de l’Association valaisanne en faveur des handicapés physiques et mentaux qui devint, en 1984, l’association « Eméra » qui offre aujourd’hui encore un service social et d’hébergement pour les personnes confrontées au handicap.
- En promouvant activement la création, en 1977, d’un centre psychiatrique spécialement conçu pour la population germanophone de notre canton, le Psychiatrische Zentrum Oberwallis à Brig.
- En engageant, dès son arrivée, un processus permettant la suppression complète de toute forme de contrainte physique ou mécanique à l’encontre des patients. Il a fait de l’hôpital de Malévoz le premier établissement psychiatrique entièrement « ouvert » en Europe.
- En développant des soins fondés sur la « communauté thérapeutique » respectueux, non seulement de la souffrance des patients psychiatriques, mais également de la légitimité de leurs droits au sein de notre société démocratique. Aujourd’hui encore, les malades, leurs proches, les soignants ainsi que bon nombre d’habitants de la région connaissent cet espace de libre échange qu’est la cafétéria de l’hôpital de Malévoz qu’il fit construire en 1968.
- En développant une consultation ambulatoire sur l’ensemble du Valais Romand, d’abord assurée par un médecin itinérant de Malévoz en 1965, puis par de véritables Services de consultation psychiatrique à Sion en 1977, puis Martigny en 1978, Sierre en 1982 et Monthey en 1987.
- Enfin, en ouvrant le premier Centre thérapeutique de jour à Monthey en 1982.
Si Jean Rey-Bellet prend sa retraite en 1990, il ne le fait finalement que de Malévoz puisqu’il poursuit, avec le même engagement et la même constance, son combat pour la reconnaissance des personnes souffrant de troubles psychiques :
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Comme délégué auprès de la Croix-Rouge Internationale. En Bosnie en 1992, puis au Yémen de 1994 à 2000, où il met sur pied un programme destiné aux personnes souffrant de troubles psychiques dans les prisons yéménites.
Son objectif, dira-t-il lors d’une interview, est qu’au lieu d’être “gardiennés”, les patients ont pu être soignés, même si certains traitements étaient pour le moins sommaires. Et du même coup, les différents acteurs du secteur de la santé au Yémen se sont organisés pour travailler de manière concertée. » - Pour la psychiatrie du Rwanda il permet la réalisation d’un accord entre le gouvernement de ce pays et le Canton du Valais afin que les Institutions Psychiatriques du Valais Romand accueillent les médecins rwandais qui souhaitent se spécialiser en psychiatrie-psychothérapie. Depuis, ce sont déjà six médecins psychiatres et deux infirmiers en psychiatrie qui ont bénéficié ou bénéficient encore de cette formation avant de rentrer chez eux.
- En Valais il fonde l’Association Valaisanne Psychiatrie et Société à l’occasion des manifestations du centenaire de Malévoz en 2000. Cette association a œuvré durant près d’une décennie dans le but de permettre un rapprochement entre la population valaisanne et la psychiatrie dans l’espoir de déstigmatiser les personnes qui, en Valais, ont besoin de soins psychiatriques. Il se retire de la présidence de cette association en 2004. Quatre ans plus tard, l’association étant parvenue à pérenniser son action au travers des institutions, celle-ci fut dissoute avant de renaître, notamment, sous la forme d’un Service socioculturel au sein des Institutions Psychiatriques du Valais Romand.
Si les entreprises du Dr Jean Rey-Bellet ont su marquer la psychiatrie bien au-delà des frontières de notre canton, c’est bien par les qualités et les valeurs de l’homme qu’il était... même s’il se cachait modestement dans l’arrière plan du médecin qu’il fut. Un homme rigoureux, intègre et assoiffé de justice qui, inlassablement, en appela au respect des personnes démunies, souffrant de maladies psychiques ou de handicaps mentaux. Luttant pour que celles-ci soient, non seulement reconnues dans leurs droits fondamentaux et soutenues par la collectivité, mais également pour qu’elles bénéficient, quelle que soit leur condition, de soins et d’encadrement dignes et adaptés. Sans relâche il a su rappeler que ce ne sont pas ceux qui souffrent qui sont un danger pour notre société mais bien leur exclusion de la société et de la condition humaine. C’était un homme dont la qualité de l’attention et du respect qu’il portait à autrui marquait les relations qu’il entretenait avec toutes les personnes qu’il rencontrait : ses patients, ses collaborateurs de l’institution, employés de maison, soignants, confrères, les partenaires des institutions socio-sanitaires du canton ou des associations...
Garant attentif des valeurs qu’il a su défendre et transmettre généreusement, Jean Rey-Bellet a été, durant toutes ces dernières années, un parrain bienveillant et soutenant pour nos institutions psychiatriques. Il devient aujourd’hui « l’ancêtre » qui nous guidera pour maintenir les valeurs qu’il défendait de façon si exemplaire. Puissions-nous préserver et pérenniser ce magnifique héritage humaniste qu’il nous lègue.
Monthey, le 13 décembre 2011
Au nom des Institutions Psychiatriques du Valais Romand
Professeur Eric Bonvin





